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En marche vers le nouveau monde

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En marche vers le nouveau monde

Message  jeffe le Jeu 15 Mai - 6:35

Ce n'est pas toujours dans les grands faits d'actualité que l'on trouve les indicateurs de notre société.
Certains petits évènements, en apparences anodins, prennent une réel consistance lorsqu'on les relie à d'autres.
Ainsi ce matin, en faisant mon tour quotidien de la presse, je suis tombé sur cet article relatant une expérience tentée par une journaliste de Rue89.
Pendant une heure, par téléphone, elle va se faire une nouvelle copine "sur mesure" à ... Calcutta.

"Call Cutta...": ne quittez pas, une actrice va vous répondre

(De Bruxelles) Au fond d’un couloir aux couleurs froides, j'entre seule dans un bureau. Quelques minutes passent, le temps de s’assoupir, puis le téléphone sonne. Une voix enjouée m'accueille.

-Bonjour Peggy, ça va? Vous êtes bien installée?
-Oui, ça va, juste un peu assoupie.
-Je m’appelle Emrit. Je vous appelle de Calcutta et nous allons passer une heure ensemble dans le cadre du spectacle des Rimini Protokoll.
-Très bien, allons-y.

La connexion -par Skype- s’interrompt. Quelques minutes plus tard, nouvelle sonnerie.

-Bonjour, c’est encore moi, nous avons été coupées, désolée. Une tasse de thé vous ferait-elle plaisir?

Une bouilloire posée sur la table s’active, sans même avoir à lever le petit doigt. Bienvenue dans "Call Cutta in a box", la dernière création des Rimini Protokoll.

A mi-chemin entre le théâtre et la réalité, ce spectacle d’une heure, présenté au Kunsten festival des arts de Bruxelles, met en scène le spectateur dans un jeu orchestré depuis Calcutta par l’opératrice d’un centre d’appel.

Une heure de performance pour redonner une identité à votre interlocutrice, et lever un pan du voile de la globalisation.

Le théâtre devient une marchandise qui se vent par téléphone

Remarqué en 2006 au festival d’Avignon avec Mnemopark (dont une vidéo téléchargeable sur leur site), le collectif d’artistes Rimini Protokoll s’est imposé en quelques années sur la scène du nouveau théâtre allemand.

Ils proposent un "théâtre d’experts" où des non-professionnels (des experts, donc) font vivre des réalités concrètes dans des lieux précis. Dans "Mnemopark", des retraités passionnés de modélisme faisaient découvrir leur pays, la Suisse, à travers l’oeil d’une caméra embarquée dans un petit train circulant sur leurs maquettes.

Souvent politique, le collectif dresse dans sa dernière création un tableau troublant de la mondialisation. Le théâtre y devient une marchandise qui se vend par téléphone, depuis l’autre bout de la planète.

Dans "Call cutta in a box", les artistes emploient les services de vrais opérateurs, des jeunes salariés du centre d’appel Descon, une compagnie bien réelle, basée à Calcutta. A côté de leurs collègues formés à vendre des portables à des Australiens, ces opérateurs sont payés pour vendre du théâtre pendant une heure.

A l’origine du projet, les Rimini ont observé les salariés d’un centre d’appel délocalisé en Inde prendre les commandes d’une pizzeria située à Manhattan.

Frappés par les talents d’acteurs de ces opérateurs qui vendent, comme s’ils étaient au coin de la rue, des pizzas livrées dans l’heure au coeur de New York, ils ont décidé de les mettre en scène. Mais cette fois les opérateurs du bout du monde ne sont pas soumis à la pression du résultat ou l’obligation d’anonymat.

'Call Cutta in a box' (Rimini Protokoll).

L’opératrice-comédienne, Emrit, pose beaucoup de questions. Boulot, famille, projets, tout y passe. Je donne des bribes d’informations et découvre la vie de cette jeune Indienne de 25 ans, née à Calcutta.

Emrit est diplômée en microbiologie de l’université de Bangalore, la "Silicon Valley indienne", où se concentrent les entreprises de nouvelles technologies. Elle raconte qu’elle travaille à temps partiel pour Descon et apprend l’allemand dans l’espoir de décrocher une allocation de thèse en Allemagne.

Pour appuyer ses propos, la jeune fille me demande de regarder sur le mur du bureau une photo de l’immeuble où elle travaille, et une autre de son chef, un moustachu debout devant une petite commode.

L'opératrice laisse sa carte de visite... mais ne répond pas aux mails

Au bout de quarante-cinq minutes d’une discussion à bâtons rompus, l’Indienne indique qu’il est temps de passer à la scène 5. L’opératrice suit la trame définie par les Rimini Protokoll, tout en distillant des éléments de sa vraie vie.

Vous la croyez dans le bureau à côté? Pour prouver qu’elle est bien à Calcutta, la jeune fille propose d’allumer l’ordinateur. Une Indienne toute menue surgit à l’écran. Derrière son micro, Emrit agite la main pour vous saluer; la situation la fait beaucoup rire.

J'aperçois autour d’elle ses collègues en sari qui s’activent pour répondre aux appels. L’heure tourne; le spectacle se termine. Je prends la carte de visite posée sur le bureau et promet d’écrire.

Une première expérience de théâtre-réalité à poursuivre chez soi. Or un mail plus tard, un message d’erreur indique que le serveur de la compagnie Descon ne reconnaît pas l’adresse. L’habile mise en scène du collectif berlinois devient douteuse.

Et si elle n’avait pas 25 ans? Et si elle n’avait jamais étudié la microbiologie? Impossible de contacter cette nouvelle copine, évaporée dans l’anonymat de la mondialisation.

► Call Cutta in a Box de Haug, Kaegi&Wetzel/Rimini Protokoll – à la Monnaie House, rue de l'Ecuyer 1000 - jusqu'au 31 mai - plan - "Call Cutta in a Box" sera au 104, à Paris, pendant huit semaines à partir du mois d’octobre 2008.
'Call Cutta in a box' (Rimini Protokoll).
source: Rue89
Nous rendons-nous compte de l'entrée du virtuel dans notre vie?
Que ce soit une opératrice en "chair et os", ou autre chose s'y substituant, la non-réponse aux mails montre le coté "consommation" de la relation. Une copine pour une heure.
Le virtuel est là. Dans le "jetable" de la relation, amorcé par le webshoping, meetic et consort. Derrière un
réel progrès technologique, il y a une différence entre: depuis ma cambrousse, me commander un bouquin et me commander un(e)copain/copine.
Si l'on ne peut préjuger des réelles intentions artistiques de l'expérience, j'y vois, avec l' apparition de toute une série de gadgets virtuels, une modification, à mon sens dangereuse, de la perception de "l'autre"et de l'interaction entre les deux.
Dans la vraie vie, un ami n'est pas toujours d'accord. Un ami n'est pas toujours là, il peut même disparaitre mais c'est notre ami, on se rappellera de lui.
Dans ce nouveau monde virtuel, nous perdrons la mémoire de nos expériences au profit de sensations de l'immédiat.
Les conséquences à termes sur l'équilibre psychique de chacun et du collectif posent un sérieux problème de société.
Un petit tour du coté des psy nous apprendra bien vite que c'est un terrain ultra favorable à la schizophrénie - individuelle et collective.
Oui, bien sûr on n'en est pas là, pas encore. Mais j'aimerai bien savoir le taux de progression de la bipolarité dans les sociétés en phase de "virtualisation".
Et ne comptons pas sur les industriels pour gérer ça, trop occupés qu'ils seront à débiter notre CB.
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jeffe

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