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Mais que font nos banques centrales ?

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Mais que font nos banques centrales ?

Message  jeffe le Jeu 31 Juil - 10:26

Les menaces ayant pesé il y a quelques semaines sur les deux plus importants établissements hypothécaires américains n’ont fait que conforter les Cassandre qui avaient prédit que la crise actuelle que traversent les Etats-Unis, et par extension le monde entier, serait la pire depuis celle des années 30. Il est vrai que la faillite éventuelle de Fannie Mae et de Freddie Mac, dont les encours hypothécaires de l’ordre de 5 trillions de dollars sont équivalents à la somme du revenu national de la France et du Royaume-Uni, aurait provoqué un cataclysme en bonne et due forme sur l’ensemble des marchés financiers qui n’a pu être évité que grâce au soutien de la Fed !

Néanmoins, cette stratégie de la Fed consistant officiellement à injecter généreusement de la liquidité sur les marchés financiers et, officieusement, à secourir des établissements en péril est elle-même mise en doute par ces mauvais augures qui craignent que la Banque centrale ne soit à court en cash ou en Bons du Trésor. Leur argumentation est au demeurant assez simple et compréhensible : les quelque 800 milliards de dollars détenus par la Fed ne suffiront certainement pas à procurer à la fois liquidités au marché, facilités de crédit aux banques d’investissement et méga-prêts à Fannie Mae, Freddie Mac et consorts... Car, en effet, lundi dernier, First Nation Bank and First Heritage Bank, deux autres établissements bancaires régionaux – certes de petite taille –, ont bénéficié du secours de la Fed qui leur a évité une faillite pure et simple !

A l’instar de toute Banque centrale, la Fed dispose du pouvoir pharamineux de créer autant d’argent qu’elle le souhaite à partir du néant. Illustration : si elle décide de prêter 25 milliards de dollars à un établissement, il lui suffit de porter ces 25 milliards au crédit du compte de cette banque dans ses propres livres (de la Fed), l’établissement en question pouvant ainsi disposer à loisir de cette somme. Cette somme de 25 milliards aura ainsi été créée à partir de rien du tout et, si d’aventure cette même Fed, constatant que ses 800 milliards de dollars sont insuffisants, souhaite disposer de plus de liquidités, elle n’aura qu’à se procurer Bons du Trésor et autres instruments obligataires sur les marchés en créditant le compte du vendeur (toujours dans ses livres) de l’équivalent de la somme acquise ! Ainsi, tout en poursuivant ses opérations traditionnelles de politique monétaire, la Banque centrale peut potentiellement disposer d’autant de réserves qu’elle le souhaite.

Ceci étant dit, peut-on s’autoriser – même comme simple hypothèse de travail – le luxe de douter que la Fed puisse un jour honorer ses obligations ? Car en effet si la Réserve fédérale américaine – et par extension le gouvernement fédéral américain – ne parvenait plus un jour à rembourser ses dettes, épargnants et investisseurs n’auraient plus qu’à se précipiter auprès de leurs banques et véhicules d’investissement à New York, mais aussi à Londres, Francfort et Hong Kong afin d’y retirer leur épargne, si tant est qu’ils y parviennent. De même, tous ces papiers-valeurs que sont les billets de banque signés par des banquiers centraux et responsables politiques seraient délaissés au profit de valeurs nettement plus sûres comme les métaux précieux, le pétrole et les matières premières...

Question : comment en est-on arrivé là, à douter que la toute-puissante Réserve fédérale américaine puisse un jour faire défaut ? Réponse : au cas où vous débarquez d’un autre monde, un monde dans lequel lorsqu’une famille souhaitait un prêt hypothécaire de 100 000 euros, elle l’obtenait de sa banque dans ce qui était alors une relation simple et banale de débiteur à créancier, réveillez-vous... car vous êtes à présent dans le monde de l’ "hyper-finance". Dans ce monde de l’ hyper-finance, si vous obtenez un prêt immobilier de 100 000 euros de Northern Rock, cet établissement vendra vos 100 000 euros sous forme de titres à des fonds spéculatifs qui les auront acquis grâce à un prêt de 100 000 euros consenti par leur courtier Bear Stearns, lequel aura levé ces fonds par l’entremise de la vente de papiers-valeurs à Citibank qui aura à son tour emprunté cette somme de l’UBS... Une hypothèque de 100 000 euros aura ainsi généré pour 500 000 euros d’encours obligataires et contribué à des profits substantiels – et accessoirement à des créations d’emplois – dans le système financier. C’est également pour cette raison que, contrairement aux précédents ralentissements économiques, c’est principalement le monde de la finance qui souffre actuellement plutôt que le secteur industriel.

Cependant, et comme en toute période de crises et de remises en question, les victimes ne se comptent pas seulement en personnes ou en entreprises sinistrées, mais également en idéaux qui se retrouvent déboulonnés de leur piédestal. Ainsi en est-il de l’ "efficience des marchés" selon laquelle les marchés financiers sont capables du meilleur, et parfois même de miracles, dès lors qu’ils sont affranchis de toute contrainte. Effectivement, une fois le joug de la surveillance étatique écarté, l’épargne est supposée se canaliser vers des investissements prometteurs contribuant au passage d’une part à accélérer croissance économique en même temps que bien-être social et d’autre part – argument de poids – permettre de réduire considérablement les risques inhérents aux marchés financiers qui se retrouvent comme lissés car "dilués" de facto à travers un plus grand nombre d’intervenants... Ce mythe du marché générateur d’équilibres, en tout cas toujours de richesses, a été exploité à outrance par des administrations américaines successives et par les plus importantes institutions financières qui ont réussi à convaincre la quasi-totalité des pays du monde à déréguler leurs propres marchés financiers afin de participer à cette manne. Il n’est pas jusqu’aux autorités monétaires américaines les plus respectées qui ne se soient émerveillées face à la créativité de leur capitalisme financier.

Jusqu’à ce qu’une masse de citoyens américains se retrouvent à la rue, chassés de maisons pour lesquelles ils avaient obtenus des prêts de la part de banquiers les ayant entraînés dans des dettes disproportionnées par rapport à leurs capacités de remboursement dans le seul but de réaliser un maximum de profits en un minimum de temps ! De fait, la récente crise immobilière et du crédit aux Etats-Unis a achevé de liquider cette sacro-saint théorie selon laquelle harmonie et richesses étaient immanquablement les conséquences naturelles de marchés financiers dérégulés. Toutefois, n’allons pas hâtivement en conclure que la surveillance étatique devrait prendre le relais car les conséquences à tous les niveaux pourraient se révéler encore plus dramatiques !

Un équilibre nouveau doit donc être atteint dans lequel une nouvelle réglementation devra impérativement décourager toute la chaîne des intervenants de prendre trop de risques. En effet, les professionnels de la finance sont parfaitement conscients de l’assurance, presque tous risques, que leur procure l’action des banques centrales, toujours disposées à injecter des liquidités, voire à colmater les brèches causées par leurs prises de risques inconsidérées. Pour ce faire, les banques centrales doivent impérativement mettre intervenants et professionnels face à leurs responsabilités et se départir de cette mentalité d’"assureurs" dont l’obligation morale est de surveiller et de modérer les frasques de ses assurés !

Pour ce faire, il conviendrait que nos banquiers centraux aient une lecture moins "académique" de la finance et de l’économie. Effectivement, nos responsables financiers s’appuient tous grosso modo sur les mêmes modèles macro-économiques, modèles selon lesquels les individus sont des créatures parfaitement informées qui partagent une clé de compréhension similaire de la "vérité". Pourtant – c’est un fait établi avec certitude après la crise des subprimes –, les individus et divers intervenants – économistes y compris – n’ont pas la même approche car les professionnels qui avaient procédé aux titrisations des prêts subprimes afin de les vendre n’avaient aucune perception des risques inhérents à ces instruments, pas plus que leurs acheteurs du reste... Ainsi, ces professionnels, persuadés que la tournure heureuse que prenait leurs affaires – à savoir les profits substantiels générés par ces titrisations – était appelée à se perpétuer furent-ils complètement désemparés par l’éclatement de cette bulle et ne comprirent pas – tout comme les "experts" du reste – ce qui leur arrivait !

La vérité – même en matière financière – n’a pas la même acception pour tous, mais les schémas produits par universités et théoriciens de la macro-économie et mis en application par un certain nombre de nos dirigeants économiques et banquiers centraux tendent à les persuader que l’ensemble des risques systémiques sont sous contrôle. Ainsi se targuent-ils de prévoir – par exemple – avec grande précision de quelle manière le choc pétrolier se répercutera sur la production actuelle, future et sur l’évolution de la consommation... Ils ne seront certes pas en mesure de prédire tous les chocs et toutes les crises, mais leurs modèles les informeront sur la probabilité de distribution de ces chocs de telle sorte que les risques inhérents à tel ou à tel autre instrument financier sera correctement appréhendé et circonscrit. Dans cette optique, ces mêmes schémas exigent de la part des banques centrales qu’elles assument leurs obligations de stabilité des prix afin que les projections de consommation soient établies de manière optimale et que les producteurs puissent mettre en place des objectifs de prix en tenant compte de leurs marges bénéficiaires. Dans un tel marché et environnement qui ne peuvent qu’être efficients dès lors que les banques centrales tiennent leurs engagements, ces modèles académiques se chargeront d’assurer équilibre et prospérité dans le cadre d’un marché forcément libre d’où aura disparu tout risque lié au système et au sein duquel production et consommation optimales éviteront les endettements excessifs ! Dans un tel univers stérilisé, aucune crise ne peut se manifester, mais, si crise il y a, elle ne peut en aucun cas émaner de dysfonctionnements de ces marchés, à moins que les Etats n’imposent des contraintes inutiles ou que les banques centrales échouent à respecter leur engagement de stabilité des prix, préalable indispensable à la stabilité macro-économique.

Cette gymnastique intellectuelle permet d’éclairer sous un autre jour la quasi-obsession de certaines banques centrales dans leur lutte contre l’inflation comme clé de la stabilisation des prix. Ce faisant, ces responsables passent complètement à côté d’une autre priorité fondamentale au même titre que la stabilité des prix, à savoir la stabilité financière. Il semble toutefois que cet objectif soit complètement absent des modèles macro-économiques exploités actuellement par certaines banques centrales alors que la dimension consistant à éviter de sombrer dans une récession ou de relancer le cycle des affaires est une composante majeure de toute stabilité financière. A ce sujet, l’inflation européenne à 4 % en juin dernier est, elle, incontestablement problématique, mais au même titre que les déséquilibres et menaces potentielles qui planent sur le secteur bancaire et sur les marchés financiers ! Ainsi, lorsque la BCE décide, elle, de relever d’un quart de point son taux de base, elle suit strictement les enseignements de ses modèles macro-économiques qui, agissant comme une ligne Maginot, pointent vers un seul et unique ennemi : l’inflation.

La guerre contre l’inflation étant leur unique préoccupation, elles négligent l’autre ennemi – récession et instabilité financière – à même de mettre en péril l’intégralité de leurs constructions intellectuelles.
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source: AgoraVox
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